Déontologie & sciences

Le 2 avril 2013 Actualités, PI & TIC Étiquettes : , 0 commentaires

Dans un article publié dans le journal Les Echos en date du 4 mars 2013, Yann VERDO pose la question suivante : « Les scientifiques doivent-ils prêter serment » ?

Le point de départ de sa réflexion sur ce sujet est la tendance actuelle des hommes politiques à avoir systématiquement recours à l’avis d’experts, de « sachants », pour trancher les questions les plus polémiques.

Lorsqu’une loi touche à certaines valeurs fondamentales (droit à la santé, environnement, droits de l’enfant…),  le législateur se doit de produire du droit de manière éclairée.

Cette question est d’actualité comme en témoigne les débats  sur les conséquences  du mariage pour tous, de l’adoption par des couples de même sexe, de la PMA (procréation médicalement assistée) ou de la GPA (Gestation pour autrui).

Ainsi, le président du comité consultatif national d’éthique précise qu’une réflexion de fond sur la PMA nécessitera au moins six mois.

Pendant le temps de la consultation, la confrontation politique est donc éclipsée par la confrontation scientifique.

L’expert intervient désormais comme un conseiller de facto. Il prend pleinement par aux évolutions sociales en éclairant le débat public. Ce rôle de plus en plus important pose donc la question de la déontologie du scientifique. Comme le précise Yann VERDO : « l’éthique personnelle des scientifiques est devenue, pour une bonne part, l’affaire de tous ».

L’idée d’un serment du scientifique fait donc son chemin, rapprochant le statut du scientifique de celui des professions réglementées (médecins, avocats…). Les sciences  exactes comme les sciences humaines et sociales sont concernées.

Néanmoins, l’instauration d’un serment est insuffisante. Elle doit représenter l’aboutissement d’un travail de formation et de sensibilisation aux impacts sociaux et humains de la science et de la recherche.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait Rabelais.

Othman IHRAÏ

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